Collision

Il y a quelques jours de cela, tranquillement, je roulais sur la piste cyclable en me rendant à mon travail, ricanant nonchalamment en dépassant la ribambelle de voitures agglutinées en file indienne sur la route juxtaposée.

En face de moi arriva alors un ado habillé en noir, sur un vélo noir, en train de trifouiller d’une main non moins nonchalante son téléphone portable, à moins que ce ne fut un lecteur mp3 ou tout autre appareil électronique qu’il est bien évidemment urgent de tripatouiller sans regarder devant soi pour satisfaire son désir de bien être immédiat lorsqu’on se rend à son bahut préféré sur son fier dextrier à double roue rayonnée et moteur à soupe (qui ne sert donc pas qu’à grandir).

Commençant à me rendre compte que le jeune cyclo-technophile était décidemment trop absorbé par ses manipulations pour pouvoir s’imaginer qu’il pourrait éventuellement être amené à croiser l’un des très rares usagers de cette piste cyclable qu’il arpentait donc en roulant distraitement bien en son milieu, ma main se rapprocha de ma sonnette de vélo format familial et sonna préventivement un ou deux coups pour prévenir le susdit co-usager de piste.

Voyant que cela n’y suffirait pas, je m’acharnais alors idiotement sur cette sonette, qui toute familiale fut-elle ne réveilla pas l’imprudent mal réveillé, alors qu’une salve déterminée d’AirZound l’eut prestement sorti de sa torpeur et l’aurait accessoirement incité suffisamment à l’avance à regagner le côté de la piste qui lui était assigné afin que nous puissions nous croiser sans heurt.

Hélas, cette idée de génie ne me vint pas, et bien que le malheureux, à 2 mètres de moi, se rendit enfin compte de l’énorme fusée à pédale qui lui fonçait dessus et tenta une manoeuvre d’évitement d’urgence afin de limiter les conséquences de ses rêveries matinales, la collision fut inévitable, et sa pédale gauche vient heurter mon jadis splendide carénage me laissant un poignant souvenir de notre rencontre.

Je stoppais, sortais de mon bolide et jettais un coup d’oeil sur les deux énergumènes, celui que je venais de croiser et celui dont je venais de m’extraire. Heureusement le premier n’avait pas chu, il s’était arrêté à distance respectable de moi, hébété, puis réalisant que j’étais humain et que j’aurais donc sans doute un désir naturel de vengeance à assouvir, il prit courageusement la fuite. De mon côté, réalisant que nous nous en sortions bien malgré l’estafilade, pour laquelle je ne pouvais de toute manière plus grand chose à ce stade, si ce n’est tenter de redresser la tôle un peu plus tard, je ne le hélais pas et me résignais à poursuivre ma route, un peu dépité et certainement moins nonchalemment, cette fois…

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