Premier anniversaire

Voici un an que j’ai fait mon premier trajet pendulaire en vélomobile.

Depuis ce jour, j’ai pris de plus en plus souvent mon vélomobile pour aller travailler, jusqu’à le prendre tous les jours depuis début juin (8 mois déjà !).

La pratique du vélomobile est assez différente de ce que j’avais imaginé. Physiquement, je me demandais si j’arriverais à tenir le choc. Ca a été dur les premières fois, puis en gérant la fréquence d’utilisation de mon vélomobile, j’ai pu progresser progressivement jusqu’à être capable de le prendre tous les jours sans risquer de me décourager à cause de la fatigue. Aujourd’hui, je peux décider de rouler tranquillement, ce qui correspond à peu près entre 30 et 33 km/h de vitesse de croisière sur le plat pour moi, auquel cas je ne me fatigue pas vraiment. Je peux ainsi rouler toute la semaine (250 km environ) sans en ressentir de fatigue particulière le week-end.

Avant de débuter, je me suis donné un an pour rouler sans assistance électrique, avant de voir si j’en aurais besoin pour pouvoir envisager ces trajets plus sereinement. Aujourd’hui, je pense ne pas en avoir besoin. Je roule déjà vite, trop vite pour une assistance électrique légale (limitée à 25 km/h). Il n’y a que pour les relances en ville que cela pourrait être utile, mais je n’en ai pas assez, ou n’en souffre pas assez, pour que cela soit réellement utile. Une assistance serait vraiment utile si on pouvait légalement installer une assistance électrique de 1000 W (au lieu des 250 W maxi autorisés), ce qui permettrait de rouler à 45 km/h. Dans ce cas-là, le vélomobile deviendrait une alternative très intéressant à tous les véhicules individuels à moteurs, pour tout le monde. C’est théoriquement possible en France, en faisant homologuer le véhicule en tant que cyclomoteur, mais cela nécessite des démarches administratives très lourdes et pas certaines d’aboutir pour un particulier.

J’ai beaucoup tergiversé au niveau de l’habillement. Je me suis acheté des t-shirts en polyester pour l’été, qui m’ont permis de ne pas trop transpirer et de ne pas trop souffrir de la chaleur. Pour l’hiver, après avoir porté pendant plusieurs mois des vestes en coton dans lesquelles je transpirais beaucoup, je me suis acheté dernièrement un sweat-shirt de sport, et polyester et elastane, et une veste, en polyester très légère et très respirante. et je me sens beaucoup mieux. J’ai maintenant l’air d’un vrai sportif.

L’hiver a été assez dur, psychologiquement. Depuis le changement d’heure, je rentre le soir de nuit, et c’est assez stressant. Ce n’est pas que ce soit plus dangereux, au contraire, je pense que je suis mieux visible avec mes nombreuses sources d’éclairages et bandes rétro-réfléchissantes. Mais psychologiquement, il est plus difficile de sortir lorsqu’il fait nuit, en tout cas pour moi.

La pluie et le froid ont également été des adversaires psychologiques. Objectivement, le froid m’a posé quelques problèmes, parce que je ne savais pas comment m’habiller pour ne pas avoir trop froid en partant ni trop chaud en arrivant. Maintenant, avec mes nouveaux habits, ça devrait aller mieux. Ce que je craignais le plus, c’était le brouillard. Mais finalement, lorsque le brouillard est léger, mon super feu arrière est suffisamment visible, et lorsqu’il est plus épais les voitures roulent quand même nettement moins vite. Et dans les cas extrême je rajoute un second feu rouge puissant et clignotant à l’arrière. C’est arrivé une seule fois, et je n’ai pas eu l’impression qu’on me voyait au dernier moment.

Le bruit du vélomobile m’agace aussi parfois. On se croirait presque dans une vieille voiture, qui grince et couine sur la moindre bosse. Ce n’est pas un bruit sourd et continu comme dans les vélomobiles complètement fermés. Là ce bruit a 2 sources principales : la fixation du carénage avant sur la bôme qui a pris du jeu et grince à chaque coup de pédale (il faut que je refasse les rivets, ou mieux que je fixe ça de manière plus rigide), et le moyeu SRAM Dual Drive à l’arrière, qui fait un bruit de casserolle dès que le revêtement n’est pas lisse. D’un autre côté, c’est bien, les gens m’entendent venir sur les pistes cyclables !

La cohabitation avec les automobilistes se passe toujours aussi bien. Bien sûr, je vois bien que je gêne certains, qui n’hésitent pas à me doubler rageusement en me laissant sur leur passage un doux fumet de pot d’échappement agrémenté de particules cancérigènes. Je prends de la place sur la route, et cela oblige à doubler bien au large, ou à ne pas doubler quand il n’y a pas la place suffisante, et dans tous les cas je ne suis pas mis en danger. Les coups de klaxon, qui sont des marques de sympathie dans la majorité des cas, sont parfois assez détestable lorsqu’ils me surprennent en pleine méditation.

Maintenant que je me sens capable d’utiliser mon vélomobile tous les jours, nous allons vendre notre seconde voiture. Cela rentabilisera immédiatement l’achat des deux vélomobiles, et nous fairons de sérieuses économies par la suite. Je commencerai par acheter un vélo normal, tout équipé, pour servir de vélo de dépannage en cas de problème sur le vélomobile. Pour le prix d’une voiture, on peut en avoir des vélos de dépannage…

Evidemment, d’un point de vue écologique, la différence est énorme. Certains ont calculé que l’énergie que je dépenserais en un seul jour pour aller travailler en voiture correspond à l’énergie nécessaire pour mon vélomobile pendant une année ! Dans nos habitudes d’occidentaux, nous avons perdu tout sens de la mesure en utilisant aussi intensivement des véhicules aussi disproportionnés par rapport à leur usage. Autour de moi, certains se laisserait bien tenter par l’utilisation du vélo, mais « il fait trop froid », parait-il. Sachant qu’à Toulouse, le froid est quand même rarement très mordant…

Dans l’utilisation de mon vélomobile, je sens bien que je suis en décalage. Je n’ai pas noté de différence relationnelle avec mes collègues de boulot, mais sur la route, je suis un intru, un farfelu, et je suis bien conscient que je peux facilement devenir le bouc émissaire des frustrations de chacun, surtout des automobilites, bien entendu. Et il est difficile d’être toujours irréprochable, surtout quand on pédale et qu’on n’a pas trop envie de ralentir sachant qu’il faudra relancer derrière.

Finalement, je me rends compte qu’en pratique, il n’y a pas de véritable obstacle pratique à l’utilisation d’un vélomobile, au quotidien, par rapport à une automobile. C’est le cas pour le vélo en ville, de manière générale, mais dans mon cas le vélomobile m’est utile pour envisager sereinement,de part sa plus grande vitesse et son plus grand confort, les longues distances que je dois faire pour aller jusqu’à mon travail.

Mais il y a une chose qui est importante, primordiale, à mon sens, lorsqu’on se lance dans un engagement aussi radical au quotidien, aussi décalé par rapport au bons sens commun et aux habitudes solidement ancrées dans nos sociétés : c’est d’avoir le soutien de ses proches. Sans cela, difficile de tenir, difficile de se convaincre jour après jour que sa propre démarche est la bonne, quand on voit qu’on est tout seul à se lancer là-dedans. Je ne remercierai jamais assez ma femme, qui m’a toujours soutenu dans mes extravagances, et qui m’a toujours encouragé à aller au bout de mes convictions, sans jamais tomber dans les critiques faciles ou les idées reçues. Encore une fois : merci !

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4 commentaires to “Premier anniversaire”

  1. helo ! il faut que je refasse les rivets, ou mieux que je fixe ca de maniere plus rigide 🙂 précision indispensable ? les parenthèses en disent parfoi davantage que tout le reste 🙂 merc pour ce billet intéresssant, au plaisir de vous luire !

  2. Bonjour,

    je m’interesse beaucoup à ce type de véhicule,
    et j’aimerais intégrer une boite pour développer un projet pour arriver à commercialiser des vélomobiles à moindre coup.

    Je possède une formation en mécanique et je suis en trein de suivre une formation en gestion de projet.

    Si quelqu’un peut m’aider en me proposant des entreprises plustot situé dans le nord est…

    Merci de votre attention.

  3. Hello,

    Il en faut du courage au début et puis après on comprend qu’il ne comprenne rien les gens !
    Si tu es de Toulouse effectivement il ne fait pas si froid que cela. Plein de gens s’en servent dans les pays Nordiques.
    Un petit tour peut être sur mon site sans prétention étant donné que je rejoins vos idées…

  4. Merci pour ce témoignage qui montre que c’est possible, je suis en train d’étudier aussi la faisabilité d’une conversion trike ou vélomobile avec assistance électrique pour aller au travail et il faut bien des pionners pour défricher le chemin.
    JB

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