La fin de l’aventure

L’aventure en vélomobile vient de prendre fin brutalement pour moi.

J’ai changé de boulot. Bien sûr, je savais que ça serait plus loin, donc plus difficile à la force des mollets. J’étais prêt à pédaler plus longtemps chaque matin et chaque soir, mais je n’avais pas envisagé que ça serait à ce point difficile. En réalité, ce n’est pas tant la fatigue ou le temps du trajet qui sont en cause, c’est plutôt la cohabitation avec le trafic motorisé, très difficile à cause des rues étroites et sans aménagement cyclable. Et ça, je ne l’avais pas anticipé, car j’étais habitué soit à des trajets sur routes de campagne dégagées, ou à des rues larges aménagées en pistes cyclables. Mais sur mon nouveau trajet, avec quelques points de passage obligés pour franchir la Garonne et le Canal du Midi, je n’avais pas d’autre choix que de traverser Toulouse dans un environnement particulièrement peu accueillant.

J’ai eu beau essayer plusieurs trajets différents, rien n’y a fait : j’arrivais à destination à bout de nerf, épuisé par le stress d’avoir à regarder partout, de ne pas pouvoir prendre de la vitesse, de devoir faire des détours pour éviter les rues les plus pénibles, sans jamais réussir à se dégager totalement de cette mélasse métallique et bruyante. Ajouté au stress de commencer un nouveau travail, avec tout l’effort d’adaptation que cela représente, c’est rapidement devenu intenable.

J’ai rapidement laissé tomber le vélomobile. Pour l’instant, je suis passé à un mix entre vélo, train et voiture. Uniquement vélo + train dans un premier temps, puis voiture avec la pluie qui ne nous a pas épargné ces dernières semaines. Mais je n’ai pas encore bien calé ce mix, j’espère bien réintroduire un peu plus de vélo lorsque la situation sera plus apaisée et que le beau temps reviendra. Mais quel que soit le mix, c’est bien moins stressant. Et je ne vois plus maintenant comment je pourrais utiliser mon vélomobile dans des conditions agréables pour me rendre au travail.

Je vais le regretter, ça me fait mal au cœur, mais puisque je ne l’utiliserai plus, je vais vendre mon Quest. Après 6 ans à me déplacer tous les jours en vélomobile, ça va me faire bizarre. Je regrette déjà : les vitesses atteintes à la seule force des jambes, le confort par tous les temps, l’entretien facile… et finalement la possibilité de se passer de voiture ! J’espère au moins qu’il pourra être utile à quelqu’un d’autre !

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16 commentaires to “La fin de l’aventure”

  1. On sent à travers tes mots, ta tristesse de devoir renoncer à une façon d’avancer plus qu’une façon de circuler. Qu’importe le moyen c’est la philosophie qui prime et l’esprit.

  2. Bonjour Guilhem.
    Cette nouvelle m’attriste. En fait, ça fait six ans que je te suis dans tes aventures de vélomobile. Je crois pouvoir dire que c’est en partie à cause de toi que je roule aujourd’hui en waw pour aller bosser.
    Les premiers temps que je lisais tes articles, je me disais que tu étais dingue. En fait, tu as éveillé ma curiosité. Tu avais semé la graine au fond de mon cerveau. Elle a mis du temps à germer, mais aujourd’hui, la bouture à très bien prise.
    Bref. Ce que tu vis aujourd’hui, j’ai peur de le vivre un jour.
    Je suis désolé de ce qui t’arrive aujourd’hui.

  3. Ah quel dommage ! Je suis désolé de l’apprendre. Ce seront tout de même 6 belles années et puis qui sais si les aménagement cyclable ne finirons pas par évoluer pour te permettre de racheter un vélomobile dans 5 ans.
    En tout cas tu as su t’adapter et c’est bien le principal. De plus le train te permettra de faire ce que tu ne pouvais pas faire sur ton engin : lire de bons bouquins !
    Au plaisir de te revoir si tu passe sur Limoges.
    À + !
    Nico

  4. Bonjour,
    pourquoi ne pas le garder pour le week-end, les promenades du soir et les vacances ?

  5. Avant de vendre, regarde pas mal de choses. Comme le dit henri, il est possible de l’utiliser un peu le week-end (oui je sais, ca va empieter sur la vie de famille) .
    Pour avoir aussi changé de boulot dans un contexte moins favorable, je peux t’assurer que le fait de pas pouvoir utiliser le VM change beaucoup la perception du boulot, c’est possible que tu viennes à essayer d’en changer pour cette seul raison.
    Bon courage dans ta nouvelle vie.

  6. c’est triste de lire ça
    j’ai déménagé et je me retrouve aussi à moins utiliser le waw mais c’est plus les conditions météo que le stress mais j’essaye de faire au moins un trajet par semaine … ça entretien

    bon courage pour ce « changement »

  7. C’est trop triste, toi aussi Guilhem tu étais le premier vélomobiliste que j’ai suivis. C’est sûr que les conditions de stress et autres peuvent poser problème chez certains alors que d’autre n’ont pas la même vision, moi le premier, je suis plus stressé à rouler en car que de pédaler dans mon waw… mais j’ai aussi d’autres intérêts, d’autres routes etc.
    Se séparer de son vm ça va surtout être triste dans le sens où pour beaucoup, le vélomobile fait corps avec son pilote… moi si je devais me séparer de mon Waw, c’est comme si je me séparait d’un animal avec qui j’ai vécu de folle aventures pendant de longues années (je pourrait aussi imager une relation amoureuse mais n’allons pas trop loin dans le délire ^^) … Je me rassure à l’idée que tant que tu n’es pas mort, les choses peuvent faire qu’un jour, tu reprenne les commandes d’un vm !
    Bonne route et merci pour tout ce témoignage que tu à pus rendre auprès de nombreuses personnes !
    David

  8. Quelle triste nouvelle ! Mais, je pense que le VM est comme la moto. Une fois, y avoir goûté, l’envie revient avec d’autres objectifs, plus portés sur le loisir. Comme déjà dit : « Pourquoi la vente ». Un petit tour de temps en temps, cela entretient le pilote et la machine………………………………………….
    Et puis, qui c’est qui va nous donner des conseils :-D))))…………Bon courage et surtout bonne réflexion

    PS ; si tu arrêtes vraiment, je te remercie pour ton site, mine d’or pour les VMistes.

  9. Certain d’entre vous propose à Guilhem de faire des petits tours le weekend. Si j’étais dans son cas, je vendrais, moi aussi Flèzz bleue (ça me fendrait le coeur, Daweed, comme tu l’as si bien dit), parce que je ne m’en sert que pour le vélotaf.

  10. Héhé, pareil pour moi.

    Guilhem, c’est avant tout un ex super collègue de boulot (plus de deux ans !) et grâce à son engin spécial (je parle du VM), j’ai découvert le vélo couché (petit clin d’oeil aussi à Daweed qui m’a donné envie d’aquérir mon Stinger actuel).

    Pourquoi ne pas devenir un bon loueur de VM sur la région toulousaine, ça manque pas mal ? Je serai ton premier client, je dois tester mes 120 km de vélotaf 🙂

    biz!

  11. J’ai utilise mon vélomobile 3 ans en situation urbaine, exactement le genre de situation que tu décris comme intenable. Je veux donc témoigner que si, c’est possible, même si ce n’est pas du tout la même pratique du vélomobile.

    Ca demande de faire les concessions que tu décris :
    – Faire attention au trafic en permanence (mais ca c’est aussi vrai a vélo, a pieds, et même en voiture).
    – Bien choisir son itinéraire et donc faire des détours pour éviter les points les plus noirs.
    – Rouler beaucoup moins vite : 10 a 15 km/h de moyenne.
    – Accepter qu’il y ait des moments ou on attend immobile l’occasion de passer, comme un piéton qui veut traverser une rue (pour ca le plus terrible c’est les rond points).
    – Franchir certaines intersections comme un piton, sur le passage cloute au moment ou le feu est vert pour les piétons, ou encore mieux pendant le bref instant ou le feu est rouge pour toutes les voitures en même temps.
    – Accepter un rythme beaucoup plus heurte, avec des relances puissantes et nombreuses intercalées de freinages également puissants. La façon de se muscler pour faire ca n’est pas la même : si tu persévérais pendant plusieurs semaines, tes muscles se transformeraient et après ca te semblerait bien plus facile (par contre tes muscles s’habitueraient a avoir plein de petites pauses entre les efforts violents et donc rouler longtemps d’un effort continu et régulier deviendrait un calvaire).

    Autant je témoigne que la circulation en milieu urbain hostile est possible, autant je témoigne qu’elle est incompatible avec un fort kilométrage comme le tiens.

    Cette expérience qui est malheureuse pour toi est pour moi une occasion de bien exprimer quel est mon usage du vélomobile. En particulier pourquoi des détails que certains trouvent futiles me sont particulièrement importants :
    – Fort rayon de braquage.
    – Forte garde au sol pour pouvoir monter une roue sur le trottoir quand il y a besoin de gagner un peu de place.
    – Freins puissants.
    – Boite de vitesse genre Rohloff pour changer les vitesses très rapidement même a l’arrêt.
    – Grande amplitude entre la vitesse la plus courte et la plus longue, en particulier la plus courte doit être très courte (développement proche de 1m).
    – Vélomobile fermé pour être mieux isolé de l’agression des autres.

    Tous ces points sont ce qui fait la différence entre un vélomobile fait pour avaler des kilomètres et un vélomobile utilitaire.

    Enfin je précise que dans un milieu hostile comme celui la je préfère nettement circuler en vélomobile plutôt qu’a vélo, avec toutes les limitations citées ci dessus et malgré que ma vitesse moyenne n’est pas plus rapide. La coque donne du volume et ca impressionne, je suis nettement plus respecté par les voitures.

  12. A Toulouse, comme dans d’autres villes, on voit enfin des projets de réseau express vélo. Ca pourrait pas t’aider guilhem ?

    http://www.ladepeche.fr/article/2013/02/09/1556738-autoroute-a-velos-portet-blagnac-en-30-minutes.html

    • Salut Albo ! J’ai vu ça, effectivement c’est super intéressant ! En plus c’est un peu dans mon coin, mais pas pour le trajet qu’il me faudrait, malheureusement.
      En fait, la chose qui me manque, c’est une piste cyclable pour traverser la Garonne au sud au niveau de la rocade (chemin de la Loge). Point noir identifié depuis longtemps par l’association vélo, d’ailleurs…

  13. je me joins à tous les commentaires précédent, moi aussi j’ai suivi avec attention tes posts avant de me lancer.

    par contre, si tu n’as pas « besoin » de l’argent, ni de place. Pourquoi ne pas le garder un moment, un waw ne perd pas vraiment de valeur. Un boulot, ca tombe ca te plait pas dans 6mois, tu changes à nouveau, et plus de waw … tu devrais remettre le couvert sur une occase ou un neuf qui ne serait plus jamais « ton waw ». Ce serait con. Après, si tu vois que tout se passe nickel au nouveau boulot, d’ici quelques temps, et que tu n’envisages pas de changer, pourquoi pas le vendre si on ne s’en sert plus. Aie aie, moi le nombre de choses que je devrais vendre, mais du mal à m’en séparer, parce que même si je m’en sers qu’une fois par ci par là, j’y prend pas mal de plaisir, surtout d’utiliser « mon » matos.

  14. Salut Guilhem,

    ce doit être tout de même frustrant d’accéder à un nouveau poste mais de devoir renoncer à une passion. Mais bon, chaque choix implique un renoncement. En tout cas merci d’avoir partager ta passion via ce site qui est effectivement un point de référence pour moi quand j’ai un petit pépin avec mon Quest (c’est rare!).

    Bonne route quand même, le vélo+transport en commun reste une bonne alternative au déplacement en voiture.

    A bientôt (quand tu auras repris un VM!)

  15. Bonjour,

    Je ne suis que le béotien qui ne connaissait rien au vélomobile (ni même son existence) jusqu’à ce que je tombe sur le blog de Guilhem à l’époque de son A4. Béotien certes, mais finalement même pour les pros du vélomobile ce blog était une mine. Etait ? Que dis-je ? Est une mine … il a fait comprendre qu’au fun de l’engin pouvait s’ajouter avantageusement une fonction pratique.

    Tout y est : il pleut, qu’en dit, qu’en fait Guilhem ? Tête nue ou pas, lumières, visibilité, fringues, chaussures, parcours, le chaud, le froid, l’assistance (d’ailleurs Declic Eco ne s’y est pas trompé), protection, sécurité, incroyable tout ce que ce garçon a suggéré, développé.Même des trucs avec<> qui est à moi ce que la pompe à vélo est à l’homme préhistorique ! Rien ne semblait l’arrêter. Eh bien ! Si ! La ville, l’agglomération, le traffic, bref tout ce monde moderne qui use jusqu’à la lassitude. L’aspect pratique disparaissait. Mais arrêter, avec tout ce que le vélomoble lui doit ? Impensable . Reste le fun.

    Il ya ce plaisir de filer dans cet engin démoniaque, alors pourquoi le vendre, pourquoi ne pas s’en servir pour faire 2 fois 50 bornes par semaine comme un sportif qui fait son jogging régulièrement ou le cyclard qui fait ses petites sorties hebdomadaire ? Après tout, paraît qu’il faut faire du sport pour s’entretenir. Et puis un jour, la connerie humaine s’arrange. La ville guérira de sa stupidité et le vélo-taf retrouvera sa place. L’intelligence de quelques hommes reprendra ses droits sur la bêtise collective, de quoi allier le fun à l’utile … Guilhem, le retour !

    En attendant, chapeau bas Monsieur Guilhem.

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